Le mariage du comte d'Artois et de Marie-Thérèse de Savoie.

Après avoir marié successivement le futur Louis XVI et son frère, le comte de Provence, le Roi Louis XV se mit en quête de chercher une épouse au jeune comte d'Artois, Charles Philippe.

 

Afin de resserrer ses liens avec la Maison de Savoie, Louis XV jeta son dévolu sur Marie-Thérèse de Savoie . Âgé de 16 ans, Charles -Philippe était un adolescent qui semblait déjà faire tourner la tête à ces quelques belles qui peuplaient le château de Versailles.En regardant le portrait qui lui est présenté, Artois a du mal à cacher son dégoût de ce mariage politique qui lui assure pourtant une indépendance et pour lequel il n'a pas été consulté. Les yeux bleus de la princesse de Savoie n'arrivaient pas à faire oublier ce nez trop long qui déplaisait au jeune comte pourtant encore fort peu au fait de la chose féminine.

 

Le comte aurait certainement préféré épouser sa cousine, Louise Adélaïde de Bourbon-Condé auquel il avait jeté un certain dévolu mais qui préféra aux ardeurs du prince, un mariage avec Jésus et qui ne pouvait décemment épouser homme plus bas qu'elle en titre, fut-il membre de sa famille.

 

Marié par procuration le 23 octobre 1773 (le contrat sera signé au Palazzina di caccia di Stupinigi ), Artois attend sa promise qui se dirige vers le château royal avec un grand cortège derrière elle. Timide, réservée, la princesse se cache au fond de son carrosse alors qu'elle est acclamée par les français au fur et à mesure qu'elle traverse la France. La rencontre, le 4 novembre, avec la famille royale de France est chaleureuse. le teint frais de la princesse contraste avec la laideur naturelle de sa sœur, Marie-Joséphine et mariée au comte de Provence.

 

Le mariage est enfin célébré le 16 novembre dans la chapelle de Versailles. Il est fastueux. Les fêtes vont se succéder et magnifier la monarchie des Bourbons dont les repas font honneur à la réputation pantagruélique des Rois de France. La nouvelle comtesse d'Artois n'en sera pas moins décontenancée. L'étiquette de la cour lui pèse déjà. Elle est éclipsée par son mari, un danseur que toute la noblesse courtise aussi bien qu'elle dédaigne Marie-Thérèse piètre danseuse. Pire, selon les courtisans, cette princesse avait décidément "une éducation bien négligée". Point de secours de sa soeur qui reste assise et ne bouge pas, son mari n'étant pas avare de critiques face à sa belle-soeur. Seule Marie-Antoinette d'Autriche semblait lui montrer une certaine compassion.

 

Bien que les trois couples montrent une certaine amitié les uns envers les autres, une rivalité pourtant les opposait. Roi depuis 1774, Louis XVI n'avait toujours pas consommé son mariage. Un vilain phimosis empêchait le souverain de faire son devoir. Le comte de Provence se vantait de ses nombreuses amourettes, mais Marie-Joséphine de Savoie ne semblait pas grossir autant que son mari semblait être atteint de ce fameux "vice italien" qui avait frappé quelques Bourbons de la famille , à commencer par le propre frère de Louis XIV. Aussi lorsqu' Artois annonce la grossesse de son épouse, les frustrations se feront sentir de part et d'autres des appartements royaux.

 

Bien que mal assorti, le mariage sera couronné de 4 naissances. Louis, futur duc d’Angoulême en 1775, Sophie en 1776 (et qui meurt en 1783), Charles-Ferdinand d'Artois en 1778 et enfin Marie-Thérèse en 1783 mais qui ne survécut pas.

 

Cette première naissance auréole déjà de gloire le jeune prince qui donne à son fils aîné une position d'héritier à la couronne. Une position éphémère qui se terminera avec la naissance de Louis-Joseph en 1781, premier fils de Louis XVI.

 

Avec la révolution française (1789) , la jeune princesse émigre à Turin auprès de sa famille qui s'empresse de lui attribuer une pension afin qu'elle continue un certain train de vie. Le comte d'Artois, quant à lui, tente en vain diverses manœuvres militaires afin de faire débarquer les royalistes sur les côtes françaises (1795).Tout au long de la révolution et du Premier empire, il restera à Londres.

 

Son épouse n'avait jamais cherché à le rejoindre, lui-même n'avait jamais requis sa présence et l'avait remplacé par Marie Louise d’Esparbès de Lussan, comtesse de Polastron. Exilée en Autriche, Marie-Thérèse de Savoie s'éteindra en 1805, âgé de 49 ans, d'une longue maladie et oubliée de tous.


Frederic de Natal.

 

Nos remerciements à la page Esprit XVIIIème pour certaines photos qui agrémentent ce texte.

 

Extrait ci-dessous du "Mariage du comte et de la comtesse d'Artois" par Henri-Hoseph Van Blarenberghe, Promenade de la famille royale au Jardin du Roi (Grand Trianon) au lendemain du mariage, le 17 novembre 1773. (Crédit-photo : Galerie Clostermann)

 

 

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