19 février 2017

Voici mon communiqué personnel, en réponse à la déclaration faite aujourd'hui à Nova Gorica par don Luis Alfonso de Bourbon. Ce texte peut être librement cité et publié, à condition d'en indiquer l'auteur. Merci

 

8 PLACE HOCHE
78000 VERSAILLES
phidelorme@yahoo.fr

 

Ce 19 février 2017, Son Excellence don Luis Alfonso de Bourbon a visité le monastère slovène de Kostanjevica, où reposent Charles X, son fils le duc d’Angoulême, sa bru Marie-Thérèse de France, son petit-fils le comte de Chambord, la comtesse de Chambord et sa petite-fille Louise duchesse de Parme.

 

En cette occasion, il a lu une déclaration critiquant l’initiative de « nostalgiques » militant pour le retour à Saint-Denis des cendres de Charles X, du duc et de la duchesse d’Angoulême. Il pointait ainsi du doigt, sans la nommer, l’Association pour le Retour des Cendres des derniers Bourbons, présidée par mon ami Nicolas Doyen, et dont je suis président d’honneur.

 

Voici un extrait de cette déclaration :

 

« La restauration de la royauté en France n’étant pas à l’ordre du jour, le retour des cendres ne peut l’être non plus puisque la monarchie est toujours dans une sorte d’exil. La question n’est donc pas actuelle et admettre le retour serait admettre la fin de l’espoir en une Restauration.


« […] Il ne me paraît pas souhaitable d’envisager actuellement un quelconque transfert d’un ou plusieurs cercueils reposant dans le couvent des Franciscains de Novo-Gorica [sic]. »

 

Je dois dire que j’étais été très surpris – et peiné – de cette prise de position. Surpris et aussi étonné car, il y a quinze ans, le 12 novembre 2002, lors d’un de ses rapides passages à Paris, le même don Luis Alfonso de Bourbon soutenait avec fermeté, et en des termes assez émouvants, une opinion diamétralement inverse :

 

« Fidèle en cela à mon père qui l'a toujours souhaité, je désire moi aussi le retour du corps de Charles X sur la bonne vieille terre de France. Ce que la France peut faire pour l'un de ses fils, dit De Gaulle, c'est lui offrir un peu de sa belle et bonne terre pour qu'il puisse y reposer. Ce n'est tout de même pas une idée extraordinaire, nous savons depuis Sophocle et Antigone que c'est la moindre des choses d'offrir une sépulture digne aux morts et nous ici nous savons que la place d'un fils de France est parmi ses pairs à Saint-Denis et nulle part ailleurs ».

 

Alors, la vérité se changerait-elle en erreur en franchissant les Alpes, comme jadis, selon Pascal, elle le faisait en passant les Pyrénées ?

 

Don Luis Alfonso, qui se présente volontiers comme le « chef » d’une hypothétique maison de Bourbon, se réserve le droit de statuer en dernier ressort sur l’opportunité d’une telle démarche.

 

En droit français, seuls les descendants directs d’un défunt peuvent décider du transfert de ses restes. Or, don Luis Alfonso, membre d’une branche non dynaste de la maison royale d’Espagne, cousin du roi Philippe VI, ne descend ni en ligne masculine, ni en ligne féminine, de Charles X.

 

Qui ne souhaiterait pas reposer sur le sol de sa patrie, c’est-à-dire, pour Charles X, sur « cette bonne vieille terre de France » que don Luis Alfonso évoquait justement dans son allocution de 2002 ?

 

Son père, don Alfonso de Bourbon duc de Cadix, n’a-t-il pas choisi d’être inhumé au monastère de las Descalzas Reales à Madrid ? Son grand-père – don Jaime duc de Séville – au panthéon des Infants de l’Escurial, près de son propre père, le roi Alphonse XIII ? Tous les trois, quoique décédés hors de cette Espagne qu’ils aimaient tant et qu’ils ont servi avec dévouement, ont tenu bien évidemment à revenir y reposer pour l’éternité.

 

En dehors de l’Etat français – et en premier lieu du Président de la République – c’est donc aux descendants des trois petites-filles du dernier roi de France, aux trois filles du duc de Berry – Charlotte comtesse d’Issoudun, Louise comtesse de Vierzon, et Louise duchesse de Parme – d’entreprendre une telle démarche. Et à eux seuls…

 

Soulignons que plus d’une cinquantaine de ces descendants soutiennent d’ores et déjà l’idée d’un retour des cendres de leur ancêtre.

 

Enfin, contrairement à ce qu’écrit don Luis Alfonso, des obsèques solennelles pour Charles X à Saint-Denis ne seraient en rien une cérémonie à connotation royaliste ou passéiste – encore moins un prélude à une fantasmatique Restauration ! –, mais un acte de piété familiale pour ses descendants, et de mémoire nationale pour tous les Français, quelle que soit leur sensibilité politique.

 

Philippe Delorme

 

 



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