21 février 2017

Mise au point sur SAR [?] don Luis Alfonso de Borbón y Martinez Bordiú, alias Louis-Alphonse de Borbon (ou Bourbon), alias Louis de Bourbon, alias SMTC Louis XX...

 

La récente « affaire » des cendres de Charles X et de la déclaration de don Luis Alfonso de Bourbon à Nova Gorica m’amène à préciser ma position à son égard :

 

1/ Sur son identité légale :


- Son acte de naissance, porté sur les registres d’état civil espagnol de Madrid en 1974, le désigne comme « S.A.R. don Luis Alfonso de Borbón y Martinez-Bordiú ».


- Le prédicat d’Altesse Royale espagnole avait été accordé à titre héréditaire à son père par son arrière-grand-père maternel, le général Franco, alors chef de l’État. Luis Alfonso en héritait donc légalement. En 1987, le roi Juan Carlos a réduit ce prédicat (et le titre de duc de Cadix associé) à un caractère viager. La question reste ouverte de savoir si Luis Alfonso, ayant reçu l’Altesse Royale espagnole avant cette décision, la conserve ou non.


- En tant que binational, Luis Alfonso de Borbón y Martinez-Bordiú a fait retranscrire en 1994 (alors qu’il avait 20 ans) son acte de naissance à l’état civil français sous la forme « Louis-Alphonse de Borbon ». On remarquera deux étrangetés : la francisation des prénoms et la conservation de la forme espagnole du patronyme « Borbon », mais apparemment sans accent sur le second « o ».


Un spécialiste de droit civil pourra sans doute nous expliquer ces points : un binational a-t-il licence de franciser ses prénoms lors de son inscription à l’état civil français ? Quid du patronyme ?


- Auparavant, en 1988, une carte d’identité française lui avait été délivrée sous l’appellation : « S.A.R. de Bourbon, duc de Bourbon, Louis-Alphonse »


Le même spécialiste de droit nous dira ce qu’il pense de cette délivrance, sous une identité non conforme à l’acte de naissance. Et sur l’ajout d’un titre de courtoisie – on sait que la République les tolère généralement comme « accessoires du nom ».

 

2/ Sur le plan historique et dynastique :


- Pour ma part, je considère qu’à la mort du comte de Chambord, en 1883, la légitimité dynastique française est passée au chef de la seule branche française subsistante de la Maison de Bourbon, Philippe comte de Paris, comme lui-même d’ailleurs l’a déclaré. Donc que l’actuel chef de la maison de France est le prince Henri d’Orléans, connu sous les titres d’attente de « comte de Paris et duc de France ».

 

- Je n’ignore pas que cette prise de position fait l’objet d’un débat parmi les historiens et les juristes. Les arguments avancés par l’un et l’autre « camp » sont sérieux et dignes d’intérêt. Nous les connaissons tous. Mais je pense qu’il est inutile de se les lancer éternellement à la figure ! Nous ne nous convaincrons sans doute jamais !


- Cela étant précisé, « don Luis Alfonso de Borbón », ou « Louis-Alphonse de Borbon » pour reprendre l’étrange formulation de l’état civil français m’apparaît dès lors comme le chef d’une branche non dynaste issue de la famille royale d’Espagne.


- Il n’est pas prince espagnol, quoique peut-être encore Altesse Royale. Il ne possède pas de titre espagnol, puisque ceux de « duc de Ségovie » de son grand-père et de « duc de Cadix » de son père, étaient viagers.


- Il n’est pas non plus prince de France ni Altesse Royale française (quoique de nationalité française) puisque - toujours selon mon analyse - tous les Bourbons issus de Philippe d’Anjou, devenu Philippe V d’Espagne (Bourbons d’Espagne, de Parme, des Deux-Siciles, Nassau de Luxembourg) se trouvent exclus de la succession au trône de France. De même d’ailleurs que les Orléans-Bragance du Brésil.


- Cependant, il est incontestablement l’aîné des descendants agnatiques légitimes de Louis XIV, via son petit-fils devenu Philippe V d’Espagne, suivant l’adage « Is pater quem nuptiae demonstrant ». À ce titre, il incarne une tradition historique qui mérite le respect, au même titre que les Bourbon Busset, aînés agnatiques de tous les Bourbons.


- D’autre part, en tant que citoyen français, il a le droit de s’exprimer sur des questions touchant à notre Histoire commune. Mais il ne m’apparaît en aucun cas le chef d’une « maison de Bourbon » transnationale, non plus que l’héritier du trône de France.


- Reste la façon la plus adéquate de le désigner. Je dois dire que j’hésite entre [don] Luis Alfonso de Bourbon ou Louis[-Alphonse] de Bourbon – la forme espagnole « Borbón » me semblant inutilement exotique. Il m’est arrivé d’utiliser l’une ou l’autre au gré de mes articles ou livres, sans intention particulière.


Quoiqu’il en soit, je souhaite qu’aucune d’entre elles ne soient perçues comme insultantes ou malveillantes. Si Louis de Bourbon n’est pas « mon » roi, je ne l’en respecte pas moins en sa qualité de descendant de Louis XIV, de Philippe V et d’Alphonse XIII. Chaque fois que nous nous sommes rencontrés, nos échanges ont été aimables et courtois. C’est pourquoi je souhaiterais que ce qu’il représente ne soit pas « instrumentalisé par un entourage de « courtisans de l’impossible ».

 

Voilà ma position. Elle est l’expression d’une conviction historique et d’une fidélité personnelle. Encore une fois, inutile d’argumenter contre. Cela serait une perte de temps, et d’énergie. Et le risque de se disputer sur un sujet qui n’est pas, après tout, d’une brûlante actualité…

 

Bien cordialement à tous


Philippe Delorme

 

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