26 février 2017

Mise au point

 

 

La visite de Louis de Bourbon – qui porte en France le titre d’attente de duc d’Anjou –, le samedi 19 février 2017 au couvent de Kostanjevica, suivie de la publication de son communiqué officiel, a malheureusement provoqué quelques réactions épidermiques ou passionnées, parmi les soutiens ou opposants au projet de retour des cendres de Charles X et des derniers Bourbons, reposant actuellement en Slovénie.

 

L’Association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons » a pris acte de la nouvelle position de Louis de Bourbon, qui vient d’ailleurs contredire sa précédente déclaration datée de 2002 où il prenait fait et cause pour ce retour de celui dont il assume aujourd’hui un certain héritage. Elle se réjouit de l’attention qu’il porte à notre projet après les différentes lettres qui lui ont été envoyées à ce sujet. Toutefois, et quel que soit le droit historique de l’aîné des descendants mâles de Louis XIV à donner son avis sur le projet ou sur les négociations en cours, nous nous permettons de rappeler les points suivants qui ont toujours été notre ligne directrice :

 

Née en novembre 2013, notre association repose sur la seule et unique volonté de mettre fin à l’exil de Charles X, du duc et de la duchesse d’Angoulême – « nos derniers rois et reines de France » –, et de rapatrier leurs cendres sur le sol français afin qu’ils retrouvent et rejoignent en toute dignité les autres membres de leur famille enterrés dans la basilique de Saint-Denis.

 

Contrairement à ce que diverses personnes ont tenté de faire croire sur différents réseaux sociaux ces derniers jours, contrairement à ce qui a été fait mention dans le discours du duc d’Anjou, distillé par certains de ses conseillers ou rapporté dans la presse, l’association n’est nullement une officine de royalistes « nostalgiques » pilotée par l’une ou l’autre des multiples mouvances monarchistes françaises.

 

Nous rappelons une nouvelle fois que notre projet est totalement apolitique et regroupe diverses personnalités issues d’un large panel de la société civile. L’association condamne de facto toute tentatives de « royaliser » un projet qui s’est toujours voulu historique et patrimonial, sous le sceau de la réconciliation nationale et loin de toutes querelles dynastiques quelles qu’elles soient.

 

Comme le précise justement Louis de Bourbon dans son communiqué, ce sera en effet à l’État, en l’occurrence au président de la République française, de décider, conduire et parachever les négociations qui permettront à nos derniers Bourbons de revenir sur notre sol national, et ainsi de reforger cette « unité et identité » dès que les circonstances l’autoriseront.

 

L’association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons » ne s’est jamais substituée au gouvernement français et ne prétend aucunement à le faire. Elle a informé régulièrement et directement l’Élysée de chacune de ses avancées dans la réalisation de ce projet. Nous avons également répondu à toutes les conditions et exigences qui avaient été fixées par le ministère de la Culture. À savoir nous assurer que « le défunt n’avait pas exprimé la moindre réserve sur un rapatriement de son corps et que les représentants actuels de sa famille s’y montraient favorables ». Soutiens que nous avons obtenus de la part des descendants actuels de Charles X, présents lors de notre conférence de presse, largement médiatisée, en septembre dernier.

 

En conformité avec la demande spécifique du gouvernement français, seule la descendance directe de Charles X est donc légalement habilitée à prendre une décision sur le rapatriement des restes de Charles X, du duc et de la duchesse d’Angoulême, du comte et de la comtesse de Chambord, et de Louise d’Artois, duchesse de Parme.

 

Nous rappelons à cet effet, que conformément à la volonté de Henri comte de Chambord et à la demande des descendants de Charles X, l’association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons » a pris acte du souhait du comte de Chambord de ne pas être rapatrié en France tel que le stipule son testament rendu public à son décès en 1883. La Slovénie, via son ambassade en France, comme le couvent de Kostanjevica, ont donc été informés que le comte et la comtesse de Chambord ne feraient pas l’objet d’une demande officielle de rapatriement et continueraient de reposer dans la crypte qui les accueille tous deux sous l’œil bienveillant des moines, en préservant ainsi ce « rôle culturel » entre nos deux pays.

 

L’association a uniquement sollicité, à ce jour auprès des autorités compétentes et concernées, le rapatriement des cendres de Charles X, de son fils Louis duc d’Angoulême et de l’épouse de celui-ci, Marie-Thérèse de France, fille de l’infortuné Louis XVI. En accord avec ses descendants, Louise duchesse de Parme pourrait, quant à elle, être inhumée à Parme au côté de son époux, le duc Charles III. En effet, aucun document existant ou connu ne s’oppose à leur retour en France en exprimant leur volonté de demeurer dans ce couvent qui les abrite, contraints par les circonstances de l’exil et les remous de notre histoire.

 

A ce jour et depuis le rendez-vous à l’ambassade de Slovénie en fin d’année 2016, nous n’avons pas reçu d’objections de la part des autorités slovènes.

 

Nous regrettons fortement que la presse slovène se soit montrée si empressée dans ses conclusions sur les négociations en cours, aussi bien que dans ses approximations généalogiques. Si nous ne contestons pas, encore une fois, à Louis de Bourbon duc d’Anjou son droit d’exprimer publiquement son opinion personnelle à l’égard de notre projet, l’association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons » tient à souligner et confirmer que les négociations avec les gouvernements slovène et français se poursuivent et ne sont nullement ajournées.

 

L’association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons » reste toujours en contact, d’une part avec le couvent de Kostanjevica et son abbé, le père Kurincic, et d’autre part avec le palais de l’Élysée, afin d’organiser le rapatriement des cendres de Charles X et des derniers Bourbons. Une solution annexe, que nous avons proposée, pourrait d’ailleurs faire consensus de part et d’autre assez rapidement.

 

Nous remercions tous nos soutiens actuels et descendants de Charles X qui nous ont de nouveau assuré de leur fidélité au projet.

 

Nicolas Doyen
Président de l’association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons»

 

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